La chenille processionnaire du chêne : quels dangers ?

09 avril 2021 à 05h26 - 441 vues

La chenille processionnaire du chêne : quels dangers ?

La chenille processionnaire du chêne est présente tant en Flandre qu’en Wallonie. Il s’agit d’un insecte hautement allergisant et très urticant. Comment la reconnaître ? Quels risques représente-t-elle et comment réagir ? Peut-on l’éradiquer ?



Quels dangers pour la santé ?


La chenille processionnaire du chêne a fait son apparition depuis quelques années en Belgique, tout d’abord en Flandre puis dans le sud du pays. Compte tenu des risques qu’elle représente pour la santé humaine et animale, les spécialistes environnementaux ont émis une série de recommandations pour limiter son expansion.

Les chenilles processionnaires du chêne disposent de millions de micro-poils éjectés dans l’air par le vent. Ces poils les protègent contre leurs ennemis naturels comme les insectivores mais ils sont particulièrement urticants et peuvent engendrer des allergies, de l'asthme ou même des chocs anaphylactiques mortels. L’insecte peut aussi provoquer des éruptions cutanées douloureuses accompagnées de fortes démangeaisons.


Les animaux domestiques et le bétail peuvent aussi être victimes des poils urticants des chenilles processionnaires lorsqu'ils sont en contact avec celles-ci, jusqu'à en devenir aveugles dans les cas graves. 



Reconnaître la chenille processionnaire


Les chenilles processionnaires se regroupent près des chênes et des pins et se nourrissent de leurs feuilles et épines. Elles vivent toujours en colonie.

Elles ont la particularité de se déplacer en file indienne sur l’arbre. Elles possèdent un corps à tête brune ou noire et des flancs blancs avec de longs poils argentés et peuvent mesurer 5 cm en fin de croissance.

Entre mi-juillet et août, le papillon de nuit pond jusqu'à 300 œufs qui éclosent aux alentours d’avril de l’année suivante.

Lorsqu’elles ne se nourrissent pas, c’est-à-dire en journée, les chenilles se trouvent dans des nids de soie situés sur le tronc ou sous les branches charpentières de l’arbre. Elles conservent cet état actif jusque fin juillet et deviennent papillons entre fin juillet et fin août.

Pouvoir reconnaître une chenille processionnaire n’est pas toujours aisé, il faut éviter de les toucher bien évidemment. Plusieurs indices peuvent vous alerter :

  • la présence de nids soyeux sur l’arbre ;

  • une procession de chenilles et la présence de poils sur leurs corps ainsi que les couleurs caractéristiques ;

  • leur présence sur un chêne (si la chenille est présente sur une autre espèce d’arbre, sur une haie, un abri de jardin… ce n’est probablement pas une chenille processionnaire du chêne) ;

  • une réaction inflammatoire très irritante à la suite d'un contact.



N’hésitez pas à faire appel à un expert. Il existe une liste de sociétés spécialisées dans l’éradication de la chenille processionnaire du chêne disponible sur le site du SPW : http://owsf.environnement.wallonie.be/fr/nouveau-document.html?IDD=6318&IDC=5775



Comment réagir en cas de contact ?


Le centre antipoison a élaboré une série de conseils à suivre en cas de réaction allergique consécutive au contact avec les chenilles. Ces conseils sont disponibles à l’adresse : https://www.centreantipoisons.be/nature/animaux/la-chenille-processionnaire

En cas de contact avec la peau, il faut par exemple immédiatement enlever tous ses vêtements, idéalement avec des gants, laver la peau abondamment à l'eau et au savon et se brosser les cheveux afin d’ôter les poils qui y seraient encore accrochés.

Les antihistaminiques peuvent adéquatement soulager les démangeaisons. Mais après plusieurs contacts avec l’insecte, les réactions peuvent s’aggraver de fois en fois.

Si les yeux sont touchés, il est recommandé, après un rinçage abondant, de consulter un ophtalmologue, de même, une visite médicale s’impose si les voies respiratoires sont atteintes ou en cas d'ingestion. En cas de symptômes plus graves comme des malaises, vertiges, etc…, il faut se rendre sans tarder à l’hôpital.



Mesures de prévention


L’éradication du nid dès sa détection, idéalement en avril-mai reste la seule solution efficace. L’ensemble des experts notamment du Service Public de Wallonie rappellent qu’il ne faut pas tenter d'éradiquer un nid soi-même. Faire voler et disperser les poils urticants est vite arrivé (par exemple en utilisant un nettoyeur haute pression) et comporte des risques pour la santé. De même, le nid pourrait ne pas être complètement éradiqué. Il est donc indispensable de faire appel à un spécialiste (certaines zones de secours ou sociétés privées équipées pour intervenir)

Jusque fin mai, il est encore parfois possible d’opter pour l’utilisation d’insecticides ou de biocides mais au-delà, la chenille, même éliminée, reste urticante par la propagation des poils dans l’air.

En cas de découverte d'un nid, informez tout d’abord votre administration communale qui vous conseillera. Dans certaines zones de secours, des pompiers ont suivi une formation spécialisée et sont habilités à intervenir.

À noter que sur un terrain privé, il est de la responsabilité du propriétaire de faire détruire le nid à ses frais. Nous aborderons le rôle et les obligations des autorités communales dans un autre article.  

Il est enfin recommandé, si vous avez le moindre doute sur la présence ou non de chenilles processionnaires du chêne aux alentours de votre propriété, d’éviter de faire sécher votre linge à l’extérieur de mai à septembre, de laver soigneusement les légumes de votre jardin, d’arroser la pelouse avant la tonte pour éviter que les poils urticants ne volent et de toujours éloigner enfants et animaux des arbres atteints par les chenilles processionnaires.