Candi, fictosexuelle de 32 ans, est amoureuse d’un personnage de Star Wars

08 mars 2021 à 07h55

Candi, fictosexuelle de 32 ans, est amoureuse d’un personnage de Star Wars.

Candi a 32 ans, un job dans la pub qu’elle adore, un appartement dans une grande ville des États-Unis, un chat qui ne la quitte pas d’une semelle et des amis dévoués. « Une vie on ne peut plus normale », résume-t-elle avec une pointe de sarcasme dans la voix. Si un sourire nerveux trahit la quiétude de son visage, c’est parce qu’elle vit aussi une histoire d’amour un peu hors du commun. Depuis plus de cinq ans, l’Américaine partage la vie d’un certain Kylo Ren.

Si ce nom mystique vous dit quelque chose, c’est normal : il s’agit de l’antagoniste de la dernière trilogie Star Wars. Kylo Ren est le fils de Han Solo et Leia Organa, le Suprême leader du Premier Ordre, l’antihéros ténébreux (et un peu détesté par le public) joué à l’écran par Adam Driver. Et elle aime ce Kylo Ren.

Cette drôle d’idylle a débuté en 2015, au moment de la sortie du Réveil de la Force dans les salles obscures. Candi se rappelle être sortie de la projection profondément chamboulée. « Je n’ai pas d’autres mots pour l’expliquer, je suis tombée follement amoureuse de lui et de son histoire. » Cinq années et deux films plus tard, cet amour à sens unique n’a cessé de grandir et prendre de la place dans sa vie. La trentenaire l’entretien dans sa tête en imaginant des scénarios qui, mis bout à bout, racontent une longue histoire. Leur histoire.

 

De l’asexualité à la fictosexualité

Candi est fictosexuelle. Depuis l’enfance, elle n’est attirée que par les personnages de fiction qui peuplent ses films et jeux vidéo préférés. De son propre aveu, elle a eu beaucoup « crushs imaginaires ». Le premier, c’était Max du film d’animation Dingo et Max, quand elle avait 6 ou 7 ans. Et puis il y a eu Link de la série de jeux vidéo Legend of Zelda, ou encore Master Chief, l’un des protagonistes de l’univers d’Halo, un autre jeu vidéo.

« J’ai compris que je ne serai jamais intéressée par les personnes ‘réelles’ à l’adolescence, confie-t-elle. Il y avait cette fille au lycée que je trouvais phénoménale. J’ai tenté le coup car on se plaisait mutuellement, mais dès qu’on a commencé à passer du temps ensemble, j’ai ressenti une déception immense à l’intérieur de moi. Tout d’un coup, elle est devenue trop réelle. »

Candi sent bien que quelque chose cloche par rapport à ses camarades. Personne, autour d’elle, ne lui fait l’effet que lui font ses compagnons fictifs : « C’était difficile à gérer car je ressentais cette pression constante sur mes épaules : il fallait que je sorte avec des garçons ou des filles, il fallait que j’explore ma sexualité. Sauf que je n’ai jamais aimé que l’on me touche, que l’on me tienne la main. L’intimité physique avec une vraie personne ne m’intéressais pas à l’époque et ne m’intéresse toujours pas aujourd’hui. Je ne pouvais tout simplement pas aller plus loin. »